Rouen : Quand la « neutralité » policière s'apparente à de la complaisance
Face à l'agression de manifestant·es par des militants d'extrême droite armés, la communication de la préfecture de Seine-Maritime et l'attitude de la police nationale posent une question démocratique fondamentale.

Les images capturées par le média Streetpress à Rouen, comme celles qui nous parviennent de Nancy, Clermont, Lyon ou encore Nice, soulèvent une question démocratique fondamentale : quelle est la définition de la « neutralité » pour les forces de l'ordre ?
Face à l'agression violente de manifestants par des militants d'extrême droite armés de barres de fer et de nunchakus, l'attitude de la police nationale interpelle profondément.
Dans sa communication, la préfecture de Seine-Maritime justifie l'absence d'interpellations immédiates parmi les agresseurs en invoquant une simple « interposition » au cœur d'une rixe, renvoyant dos à dos assaillants et victimes sous couvert de neutralité.
La vidéo montre pourtant une réalité bien différente : celle d'une charge unilatérale, préméditée et violente menée par une milice identitaire.
Dans ce contexte, figer la situation sans arrêter les auteurs de ces violences ne relève pas de l'impartialité, mais d'un renoncement coupable à protéger les citoyens.
Monsieur le Préfet, comment justifier que des individus armés, formellement identifiables sur les images, aient pu quitter les lieux sans encombre sous les yeux de vos agents ?
La neutralité républicaine doit consister à faire appliquer la loi et à neutraliser les agresseurs, et non à assister passivement à un lynchage en prétendant simplement « séparer deux camps ».
En refusant de nommer et de punir la violence d'extrême droite sur l'instant, l'institution policière envoie un signal d'impunité alarmant, dans un contexte où la défiance de la population vis-à-vis de celle-ci n'a jamais été aussi importante.
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